Thursday, June 08, 2006

DONGBA survivances du chamanisme Bön



Le dongba est la religion de l’ethnie Naxi d’origine tibétaine qui vit dans le Yunnan chinois principalement dans les préfectures de Lijiang, Weixi, Zhongdian, Ninglang et Yongsheng. Le culte possède beaucoup de caractéristiques de la religion tibétaine Bönpo.

La vidéo de la " danse du tigre " interprétée par le prêtre dongba montre plusieurs points communs avec la religion Bön. En plus du nom " Dongba ", qui rappelle le nom du révélateur de la religion des bönpo " Tonpa Shérab ", le danseur utilise l’instrument musical plat caractéristique du Bön, le gsan-chun. Le chapeau, bon-zva, est similaire à celui des chamans bönpo. Les moines du Yungdrung Bön ont des coiffes différentes.


Des lamaïstes à la solde de l’Amérique " oublient " certaines réalités. Les chinois n’ont pas persécutés les adeptes du culte Dongba. A l’inverse, les guélougpa au pouvoir dans l’ancien Tibet pratiquaient une politique de conversion forcée à l’égard des bönpo. Des prédicateurs de l’école du dalaï-lama étaient de véritables fanatiques

LIRE "Intégrisme religieux au Tibet"…

Tuesday, May 09, 2006

Mégalomanie immobilière





Les lamas bönpos rejoignent à leur tour le club des gourous châtelains. 

" C’est une constante, écrit Gilles Gaetner, la plupart des sectes investissent dans la pierre, en achetant châteaux, manoirs et autres gentilhommières. Destinés à accueillir les adeptes, ils permettent également aux dirigeants d'y vivre luxueusement. "

La mise en garde de l’annuaire du bouddhisme http://www.geocities.com/Athens/8063/html/centres.htm corrobore les nombreuses déviances du lamaïsme dénoncées par bouddhanar :


" Cette mise en garde a le don d'énerver un certain nombre de néo-bouddhistes d'esprit moderne mais en aucun cas nous ne supprimerons cet avertissement. Toutes les religions sont actuellement dégradées et le bouddhisme n'échappe pas à la règle. On se doit d'être prudent et même très exigeant en fait d'honnêteté intellectuelle. Renoncer à cette exigence serait faire le jeu des groupes de pression antisectaires qui visent, à terme, la destruction de toutes les religions encore valides sous prétexte qu'il s'agirait de "sectes"...

L'implantation du bouddhisme tibétain en Europe et dans le "Nouveau Monde" étant en partie la conséquence d'une crise spirituelle qui s'est exprimée entr'autres manifestations dans les courants "hippie" et "baba cool" (tout cela ayant été refondu dans le grande soupe de la mentalité dite new age), il fallait s'attendre à bien des confusions et des "ratés" au départ de la vie des centres. Avec le temps, certaines erreurs se sont atténuées mais sans vraiment disparaître complètement puisque le public a toujours beaucoup de mal à admettre que le bouddhisme n'est pas une méthode de développement personnel mais, avant toute chose, une voie de salut et de délivrance, c'est-à-dire ce que l'on appelle en fait une "religion" ou, dans certains cas, une voie initiatique à part entière.

Certains centres ont souffert de détournements et de scandales divers. Ces choses là se sont tassées mais nous tenons à rappeler que les conditions qui ont amené ces désordres, souvent par manque de transparence, n'ont pas été entièrement éliminées: bien des points touchant à l'organisation des centres, à leur gestion et à leur encadrement, demeurent assez discutables. En règle générale, les grands centres souffrent d'une certaine mégalomanie immobilière ancienne. Avant la fameuse crise, du côté des centres kagyupas surtout, l'argent des dons coulait à flot, il a été souvent mal employé et les centres subissent maintenant le contrecoup de leur folle politique et sont terriblement endettés. Cela provient entr'autre du fait que l'on a trop usé, et même abusé, du crédit excessif accordé par les médias au néo-bouddhisme occidental.

Nous avons, en ce qui concerne plus spécialement l'Institut Karma Ling, des reproches particuliers à faire à ses responsables qui ont manifestement tablé sur le crédit de René Guénon et de son oeuvre monumentale pour attirer à eux une clientèle plus intellectuelle sans jamais développer la rigueur qu'un tel patronnage aurait du impliquer. Les échos de certaines polémiques figurent ici pour mémoire et nous n'y attachons pas d'importance excessive car la roue tourne... "


On a aussi relevé que des lamas tibétains de la Nouvelle Tradition Kadampa préfèrent le luxe d’une demeure seigneuriale au mode de vie du philosophe SDF nommé Siddharta Gautama, dit le Bouddha.

De leur côté, les lamas Bönpo sont confortablement installés dans le château de la Modtais, à côté de Blou, Maine et Loire (photo ci-dessus).


Marc Bosche écrit :

" Vous avez raison de souligner l'obsession immobilière de
certains lamas. Puisqu'en réalité être bouddhiste ne nécessite aucun domaine, nul château, méditer peut se faire sur son lit ou ailleurs, n'importe où pourvu qu'on soit dans un lieu sain, isolé et tranquille, et la pratique elle-même n'a besoin ni de grands chapiteau, ni de temples, ni de centres du dharma à l'architecture choisie. Au contraire ces centres grouillant de touristes spirituels (qu'ils me pardonnent de les appeler ainsi) doivent être des divertissements sans fin pour ceux qui voudraient y méditer. Et en plus l'architecture médiévale des châteaux est pleine d'humidité, de salles immenses, trop hautes, et de courants d'air. Elle ne convient pas, en tout cas pas mieux qu'une modeste HLM dans un quartier tranquille, avec quelques arbres autour et une petite pelouse devant."

La mégalomanie de certains hiérarques bouddhistes surprend par son côté ubuesque et tellement contraire à l’enseignement du Bouddha. Dans son roman " Nirvana, le réveil des oiseaux ", Marc Bosche dépeint une cinglante leçon d’humilité donnée par le dalaï-lama (" daïla lama ", dans le roman) à un Vajracarya occidental trop outrecuidant, nommé " lama Tchenrézys ".

" Le daïla lama était connu pour sa fermeté. Il n’hésitait jamais à remettre en place les ego hypertrophiés des " maîtres ". Parmi ces derniers, certains, imprudents, aimaient à " parader " en public, profitant même de la célébrité du daïla lama pour briller de tous leurs feux…

" A cet égard, la première des deux visites fut pour lama Tchenrézys, Abbé occidental d’un autre monastère himalayen, établi lui aussi en Europe. Notre Tchenrézys s’était un peu pris au jeu de la notoriété, avec quelques belles " réussites " d’ailleurs ! Il avait fait réaliser par un bijoutier une grosse chevalière ressemblant à celle des évêques, qu’il arborait dignement à son doigt – car il avait désormais le statut qu’ont aussi ces prélats catholiques.
" Pour préparer l’apparition en public du daïla lama, lama Tchenrézys avait obtenu, du musée de sa région, le prêt de deux superbes fauteuils haute époque, sur lesquels il se proposait tout à la fois d ‘asseoir le daïla lama et lui-même, à égalité en quelque sorte, pour un moment prestigieux en public ! Mais le daïla lama ne l’entendit pas de cette oreille. Mis sur l’estrade, face au public rassemblé, devant le fait accompli, il refusa l’élégance aristocratique des vastes fauteuils ancien régime. Il demanda à la place deux simples coussins qu’il fit poser sur le champ, à même les planches, pour lui et son hôte Tchenrézys…

" Après ce camouflé, une petite réunion fort animée avec les bénévoles de cette communauté occidentale s’ensuivit. Le daïla lama y expliqua aux bonnes volontés qu’il ne fallait se confier qu’à un maître véritablement réalisé… Chacun comprit à demi-mot, et le centre bouddhiste se vida en quelques jours de ses bénévoles.

" Ils laissèrent donc le fringant Tchenrézys, Supérieur nouvellement promu à ce statut officiel, tout désemparé dans son abbaye médiévale récemment rénovée en congrégation religieuse.

" Tchenrézys réalisa ainsi qu’il était allé trop loin. Il fit le nécessaire, suite à la visite du daïla lama, pour retrouver la simplicité… "


NIRVANA, le réveil des oiseaux

Sans se départir d’un humour irrésistible, la narration imaginaire de Marc Bosche semble s’inspirer d’expériences profondes, d’un vécu initiatique. " Niravana, le réveil des oiseaux " serait-il un roman à clé ?

Le lecteur découvre, sur un fond de lamaïsme perverti, des récits d’Expérience de Mort Imminente (EMI), des procédés occultes, les antiques techniques du rêve éveillé dirigé, connues de toutes les sociétés traditionnelles, des présences subtiles et prédatrices. Marc Bosche révèle une partie méconnue du bouddhisme tantrique.

La présence bienveillante de Gondor, probablement le vieux sage himalayen que l’auteur a bien connu, et du daïla lama symbolise dans le roman le côté lumineux du Vajarayana. Le livre s’articule autour d’une terrifiante énigme. La mort rode autour des ermitages tantriques, le côté obscur du Vajrayana a-t-il été déchaîné ?

" Nirvana, le réveil des oiseaux " est un thriller drôle, passionnant et quelque peu initiatique.

L’initiation authentique permet de triompher de l’effrayant gardien du seuil et des influences de l’inframonde. En revanche, le spiritualisme contemporain édulcoré et tronqué, qui commercialise le tantrisme himalayen, pourrait précipiter des imprudents dans les ténèbres de la " contre-tradition ", selon une expression de René Guénon.

Wednesday, March 15, 2006

THREE 1/2 WEEKS



Les mortifications d’une retraite d’été

" Nous t’attendons à Vimoutiers pour la retraite d’été." Il m'est difficile de refuser une nouvelle fois l’invitation de Sébastien, l’un des membres du conseil d'administration de l’association Yungdrung bön.

Cette année, les adeptes du Bön, entichés de spiritualité orientale et de Dzogchen du Zhang Zhung, se retrouvent en Normandie pour leur retraite annuelle que dirige un vieux lama tibétain, ami du célèbre tibétologue anglais David Snellgrove. L’attachement aux divinations de ce célèbre maître de la Grande Perfection (Dzogchen) m’a toujours étonné. Les adeptes des rituels magiques du tantrisme tibétain sont incapables de s’affranchir des pratiques divinatoires. Mais cette dépendance est-elle concevable de la part d’un lama qui prétend que son enseignement égale les plus grandes traditions de la non-dualité ? Le vieux tibétain, superstitieux comme les rombières qui fréquentent le salon de Madame Roselyne, la cartomancienne de la rue Sainte Radegonde, n’est certainement pas un Eveillé. Je le croyais simplement gentil et sage. En fait, il n’est ni l’un ni l’autre.

J’ai séjourné dans de nombreuses congrégations religieuses d’Asie. Au Viêt-nam, des religieux ont défié la police communiste au prix de leur liberté pour m’offrir le gîte et le couvert. L’emprisonnement punit les abbés qui offrent l’hospitalité aux moines étrangers. Les véritables bouddhistes de ce pays sont exemplaires. Les moines du Cambodge, de Birmanie, de Thaïlande, de Taiwan et d’ailleurs sont également affables et accueillants. Ils respectent l’étiquette et la solidarité monastiques à l'égard du moine voyageur.

Sébastien m’installe dans le pavillon normand réservé au clergé. Le comportement du vieux tibétain et de ses deux acolytes, des lamas Khampa, est très différent de celui des religieux des congrégations orientales qui m’ont accueilli jusqu'à présent.
Dès le lendemain, premier jour de la retraite, l’hostilité des lamas tibétains éclate. La personne chargée de préparer le thé des moines a reçu la consigne de m’ignorer. Des laïques pallient spontanément la mesquinerie des lamas et partagent avec moi le contenu de leurs thermos. Cette discrimination ne passe pas inaperçue et les tibétains ne prennent pas le risque de trahir la nature de leur cléricalisme. Nature qui sera révélée plus tard dans les textes de Victor et Victoria Trimondi, le témoignage de Christian Pose, les recherches de Marc Bosche… Le clan des lamas tibétains évite désormais les vexations publiques. Toutefois, dans l’espace privé du pavillon de "Rinpoché", je découvre l'univers de ces religieux égoïstes, préoccupés par leur business. Ils sont venus du Népal avec une quantité impressionnante de statues et d’objets rituels dont la vente représente une somme importante. Ils se font servir des repas gastronomiques sans jamais partager un bout de pain avec moi. Le vieux gourou a interdit que l’on me donne des repas. Je me suis débrouillé pour acheter de la nourriture végétarienne que je mange froide. Les cuisiniers des lamas s’activent dans un autre pavillon avec tous les ustensiles de cuisine. Il m’est impossible de préparer le moindre plat chaud. Pendant que mes collègues dévorent des viandes fumantes, je me contente de mes fruits et légumes en songeant à la bienveillance des tudong, ermites nomades de Thaïlande. Je me demande, quel genre de Bouddha était Shenrab Miwo, le fondateur du Yungdrung Bön ? Je dois admettre que les disciples du Bouddha Siddhârta Gautama sont moins rustres que ces lamas carnivores, comparés à des ogres par le roi YESHE ÖD . L’animosité de la garde rapprochée du gourou est difficilement supportable. Quotidiennement, les prétoriens fanatiques font preuve d’une rare mesquinerie. Des dames hystériques écument devant mon opiniâtreté à demeurer auprès de leur idole. On m’accuse de tout. Faire sécher mon châle religieux dans la salle de bains que je partage avec le divin gourou est un sacrilège. Je suis traité en véritable paria.

Heureusement, les ermites théravadins m’avaient donné de bonnes instructions en matière de patience. A mon grand étonnement, j’encaisse assez bien mon immersion dans une vulgaire secte d’occidentaux subjugués par le boniment de tibétains sans scrupules. En réalité, le fruit de l’enseignement de ces lamas est pourri. Il répand l’odeur nauséabonde du sectarisme.

Le culte du gourou et le ritualisme hypnotique transforment beaucoup d’occidentaux en inquiétants béni-oui-oui. Leur complaisance à l’égard de la violence des lamas m’avait beaucoup déçu. (Lors de mon séjour au monastère de Menri, des adeptes danois et anglais du rite du Chöd étaient présents et indifférents quand deux enfants furent victimes de châtiments corporels.) Les disciples les plus déséquilibrés sont capables de participer au djihad tantrique si un gourou du même acabit que Shoko Asahara décide de déclencher la guerre sainte de Shambhala .

Saturday, March 11, 2006

L'enseignement du Bouddha SHERAB MIWO

(Sur la photo, Tenzin Wangyal, le "golden card lama" vit aux Etats-Unis, à sa gauche, le 33ème Abbé de Menri.)
Parmi les doctrines enseignées par le Bouddha Tönpa Shenrab Miwo, la science des mantras occupe une place prépondérante. Le premier cycle de l’enseignement du Bouddha Bönpo se nomme " Les Quatre Portails et le Trésor comme cinquième " :

1.CHABKAR " Le bön de l’eau blanche des mantras courroucés " comprend de nombreuses pratiques tantriques ésotériques utilisant la récitation de mantras courroucés : les " neuf entrées fondamentales ", les " dix-huit branches des sadhanas et les neuf actions du grand Chong. Ces neuf actions sont : les rites de prédiction utilisant un miroir ; les rites de propitiation de diverses déités ; les rites funéraires ; les rites de sort ; les rites employant le feu ; les rites de renouvellement de la foi ; les pratiques de la sagesse méditative ; les pratiques ésotériques supérieures. Les méthodes de ce portail permettent d’écarter les mauvaises influences des neuf démons et des dix vampires ou des esprits maléfiques.

2.CHABNAG " Le bön de l’eau noire des tantras de l’existence ", comporte des rituels variés (magiques, pronostiques et divinatoires, funéraires, rédempteurs, etc.) pour la purification. Les rituels permettent d’invoquer les déités et d’exorciser les démons par la déclaration du mythe de l’origine.

3.PANYUL " Le bön du sûtra des cent mille versets du Pays de Pan ", comprenant les règles pour les moines et les laïques, accompagnées des explications philosophiques. Ce portail rassemble les rituels du rachat des victimes (hommes, femmes et enfants) des esprits hostiles par l’échange de rançons.

4.PONSE " Le bön des indications orales et des instructions secrètes du sage maître ", Le portail des rituels destinés aux esprits de la nature comprend des pratiques spirituelles des nombreuses déités du panthéon bön, comme les dieux courroucés de l’espace, les protecteurs, les seigneurs du sol, les Naga. Ce portail comprend également des enseignements et des pratiques dzogchen.

5.TODOG " Le bön du trésor, qui est le plus élevé et embrasse tout ", contenant les aspects essentiels des quatre portails.

Le second cycle de l’enseignement de Tönpa Shenrab Miwo se nomme " Les Neuf Voies du Bön ".

1." La voie du Shen des prédictions " décrit quatre formes de prédiction différentes :
la divination (MO) ;
l’astrologie (TSI) ;
le rituel (TO) :
le diagnostic médical (CHE). Pour établir un diagnostic médical, il est important d’examiner les deux causes possibles d’affection : la maladie physique et les influences provenant d’énergies négatives.

2." La voie du Shen du monde visuel " explique l’origine et la nature des dieux et des démons qui vivent en ce monde, et les méthodes d’exorcismes et de rachats de toutes sortes. Il est nécessaire d’apprendre à communiquer avec ces entités.

3." La voie du Shen des pouvoirs magiques " enseigne les rituels magiques permettant de s’allier les forces de la nature pour détruire les ennemis et avoir de bonnes récoltes. L’action magique courroucée repousse et brûle les esprits maléfiques et les démons.

4." La voie du Shen de l’existence " concerne l’état après la mort (bardo). Elle inclut principalement les trois cent soixante rites de consécration funéraire et propitiatoire se rapportant à la mort. Elle guide les décédés à travers l’état qui suit la mort et les protège contre les esprits maléfiques. Cette voie contient également des méthodes rituelles pour assurer bonne santé, bonheur et longue vie dans ce monde.

5." La voie des pratiquants laïques vertueux " spécifie les règles éthiques et morales.

6." La voie monastique " décrit les règles de la discipline monastique.

7." La voie du A blanc " expose la pratique tantrique supérieure de la transformation, où l’on se visualise sous la forme de la déité. L’enseignement du mandala est révélé ainsi que les rituels liés à ses pratiques.

8." La voie du Shen primordial " traite des pratiques tantriques secrètes. Elle décrit en détail la relation avec le maître tantrique, la pratique de l’union sexuelle, les diverses phases de la transformation en la déité tutélaire.

9." La voie suprême " expose la vue, la méditation et les pratiques du dzogchen.

Tuesday, January 10, 2006

Chamanisme Bönpo



LE CULTE DES NAGAS (klu) AU TIBET

La maison a ses dieux. Parmi les principaux, donc, le maître du sol. Dans la pièce du foyer résident le dieu de la cuisine (khyim-lha), attaché au pilier, et le dieu du foyer (thab-lha) : ils ont un rôle à jouer pour protéger la demeure. Ce sont toutefois les esprits de la source voisine et le dieu du pays, celui de la montagne sacrée, qui importent le plus en matière de pouvoirs.

Les dieux de la maison protègent la demeure, à la même enseigne que le dieu du pays à l'égard du territoire. Cette protection n'est pas gratuite : il leur faut des offrandes, ils exigent la pureté, l'ordre, que chacun soit à sa place, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Si les catégories se brouillent ou que les espaces se mêlent, si la souillure pénètre à l'intérieur des murs, alors ils se retirent, leur rempart s'effondre, malheur et maladie déferlent sur la maison. Mais si dans la maison la loi est respectée, ils sont doublement efficaces. Ils protègent contre les dangers du dehors ; à l'intérieur, ils accordent puissance et prospérité.

L'hiver, les esprits klu sont endormis, mais, l'été, quand croassent les grenouilles, on sait qu'ils sont bien réveillés. Les klu sont des femelles et chaque maison a la sienne, attitrée, différente de celle des autres maisons et de celles du village. Elle habite une source, un arbre. Si la source est polluée, si un malotru s'y lave les pieds, la klu est en colère, il faut l'apaiser : c'est Khéyadjé ou Namltha, les devins du village, qui savent et qui décident. Chez les Karmay, il y a une source dans le grand champ où l'on cultive le blé : c'est là qu'elle demeure. Chaque année, à l'époque où mûrissent les légumes et les fruits quand les fleurs jonchent encore l'herbe des pâtures, on fait l'"offrande aux klu". La maîtresse de maison joue son rôle et, ce jour-là, l'esprit de la source lui renouvelle le pouvoir particulier qui est le sien à l'intérieur de la demeure. Car c'est des esprits klu qu'une femme tire son autorité.

Deux jours durant, on prépare la fête. La saleté répugnant aux klu, on revêt des vêtements propres, on nettoie la maison de fond en comble. Les mauvaises odeurs irritent les klu et pendant ces deux jours, les menus sont particuliers : il est interdit de manger de la viande et d'en faire griller. La maison doit être pure. A l'étage, la grande porte reste ouverte, comme d'habitude. Mais si un meurtrier, Tatsang par exemple, franchit le seuil, c'est de mauvais augure. Il le sait. Il passe son chemin sans s'arrêter. On envoie les enfants aux champs. Ils en rapportent toutes sortes de fleurs, de plantes. Ils vont tirer de l'eau pure à la source. Il faut aussi avoir du lait pour l'autel aux klu que l'on édifie comme un mandala à l'intérieur de la maison. Au centre, la reine des klu, autour on dispose les fleurs, les offrandes. Jamais on n'offre de sang ou de viande ; la klu n'accepterait pas. Ses nourritures sont pures, ce sont le lait, le fromage et le beurre, les "trois blancs". La maîtresse de maison prépare le gâteau des klu.

Le jour dit, on fait appel à Namkha et Khéyadjé, les deux officiants bönpos qui habitent le village. Quand ils arrivent, on les installe dans la chapelle. Les deux Jours suivants, ils y accomplissent le rituel selon la liturgie bönpo. Une part du culte se déroule dans la pièce du foyer pourtant réservée aux habitants de la demeure.
L'après-midi du second jour, la maîtresse de maison se prépare à se rendre à la source pour aller porter les offrandes à l'esprit klu.
Dans un panier, elle enfourne ce qu'il faut : la "reine des klu", les fleurs, l'eau pure dans un bidon, le beurre frais, le fromage, la farine d'orge grillée. La femme glisse le gâteau dans le drapé de sa chouba. Le panier sur l'épaule, elle sort de la maison. L'un des enfants court derrière elle, c'est loin, il est petit, il pose des questions pendant tout le trajet, mais sa mère ne répond pas, il se demande pourquoi. C'est que, sur le chemin de la source, la femme ne doit parler à quiconque. Arrivée dans le champ, elle dépose son fardeau et sort les offrandes ; debout devant la source, elle les jette dans l'eau, les fleurs, le lait, le beurre, tout. Puis elle tire le gâteau des plis de sa blouse et, le montrant à l'esprit de la source, lui dit : "Grand-mère ! Ouvre la porte ! " Elle cache à nouveau le gâteau dans son sein pour le rapporter à la maison. Alors seulement, elle peut parler, au grand soulagement du garçon qui trottine derrière elle.

Philippe SAGANT et Samtem KARMAY, lama bönpo et directeur de recherche au CNRS, "Les Neuf Forces de l’Homme".


Tuesday, January 03, 2006

Qui a donné l'argent pour acheter le château de la Modtais ?






Le sangha Yungdrung Bön de Tenzin Namdak lors de la retraite du Vitou (Normandie). 

Les disciples du gourou tibétain appartiennent à des catégories sociaux-professionnelles modestes.

Les hiérarques tibétains parlent beaucoup d'argent. Lors de
la retraite en Normandie, ils se rendaient à de mystérieux rendez-vous. Même en qualité de membre de la congrégation yungdrung Bön, je n'étais jamais convié à ces rencontres.

Pourquoi les véritables bailleurs de fonds se cachent-ils ?

Jean-Louis M., un homme politique de droite, a joué un rôle discret mais décisif dans l'implantation du lamaïsme Bönpo en France.  


Des tibétologues, Monsieur A et Monsieur C, participent à la diffusion des doctrines tibétaines. Ils ont été photographiés lors de la retraite normande (Monsieur C en haut, au premier plan, a contribué au succès de Sogyal, le gourou de Rigpa épinglé par la journaliste Elodie Emery. Monsieur A, en bas, est à la gauche d'un gourou bönpo).




Photos du prospectus distribué par les sectateurs du lamaïsme Bönpo.